On me demande souvent comment on passe de la tronçonneuse au pouls tibétain. La réponse tient en une phrase : je n'ai jamais changé de métier, j'ai seulement changé d'outil. La forêt, les arts du mouvement, la scène, l'enseignement, puis la médecine — chaque étape m'a appris une facette du même geste : écouter le vivant avant d'agir sur lui. Voici l'histoire, acte par acte.
Avant les livres de médecine, il y a eu les arbres. J'ai commencé ma vie comme bûcheron — et l'essentiel de ma pratique d'aujourd'hui était déjà là, en germe.
La forêt enseigne la force juste : qui force contre le fil du bois s'épuise ; qui lit l'arbre — son inclinaison, ses fibres — obtient en quelques gestes ce que la brutalité n'obtiendra jamais. C'est exactement le geste du Ku Nye et des techniques douces : on ne force pas un corps, on l'accompagne. Elle enseigne aussi le respect du vivant — on ne coupe pas n'importe quel arbre, ni n'importe quand. Soigner un organisme dans son ensemble plutôt que s'acharner sur un point, c'est ce qu'on nomme aujourd'hui le terrain ; les forestiers l'ont toujours su.
« La forêt m'a appris à lire un être vivant debout, avant de savoir lire un pouls. »
Puis il y a eu la scène et les arts du corps. J'ai été admis à l'École Dimitri, à Verscio, au Tessin — l'école fondée par le clown Dimitri —, et je m'y suis formé aux arts du corps et du mouvement. Clown, conteur, magicien, acrobate : ce furent des années de travail du corps et de jeu d'une intensité que peu de formations peuvent égaler.
Dans une école de clown et de théâtre de mouvement, le corps n'est pas un accessoire : c'est l'instrument lui-même. Des heures quotidiennes à affiner la conscience de chaque appui, de chaque souffle, de chaque déséquilibre naissant — et à capter une salle par un geste, un silence, une histoire. Quand je pose aujourd'hui les mains sur un dos, c'est cette éducation-là qui guide mes doigts.
Il m'en reste une image pour la vie : le corps en équilibre. Elle dit une vérité contre-intuitive — l'équilibre n'est pas un état, c'est un mouvement. On ne tient pas droit en s'immobilisant : on tient en se corrigeant sans cesse. Je n'ai jamais trouvé de meilleure définition de la santé, et mon travail consiste à restaurer cette capacité d'ajustement — jamais à figer qui que ce soit.
Quant au clown et au conte, ils m'ont appris qu'on peut être sérieux sans se prendre au sérieux, et qu'une histoire ouvre ce qu'aucun discours ne force. Au cabinet, cela s'appelle l'accueil.
Que fait le corps lorsqu'il sent l'équilibre lui échapper ?
À l'École Dimitri, j'ai appris le corps par le cirque avant de l'apprendre par la médecine. Des années plus tard, je m'aperçois que chaque discipline de la piste enseignait déjà, à sa manière, une facette de la médecine intégrée. Traversez la piste : cliquez chaque station et découvrez l'analogie.
Cinq stations à découvrir — le funambule avance à mesure que vous les visitez.
Cinq disciplines, une même leçon. La médecine intégrée, c'est cet art de faire tenir ensemble ce qui semblait séparé — l'équilibre, l'attention à tout à la fois, la souplesse, l'écoute et le rythme. Comme sur la piste : aucun geste ne suffit seul, et c'est l'ensemble qui tient debout.
Après la scène est venue la transmission : animateur culturel, puis enseignant en arts du cirque, du mouvement et du théâtre, pendant de nombreuses années — enfants, adolescents, adultes.
Avant d'enseigner, la scène : entre l'École Dimitri et ma propre école de cirque, j'ai créé et tourné mes spectacles — « Max & Féo » (magie et clownerie) et « La vieille Youkaté » (conte et narration) — puis j'ai enchaîné avec l'enseignement des arts du cirque pendant plus de dix ans, sous mon chapiteau Arc en Cirque.
Cette école, je l'ai fondée et dirigée de 2001 à 2008 : une structure complète, une filière sport-études, et des programmes pour des enfants en situation de handicap ou en difficulté sociale. Là, le cirque n'était pas un spectacle mais un outil — oser, tomber, se relever ensemble. Enseigner le mouvement, c'est accompagner chacun au bord de ce qu'il croit possible : j'y ai compris, bien avant la médecine, qu'il n'existe pas de protocole universel, seulement des personnes.
🎪 Clin d'œil : le site d'époque d'Arc en Cirque a été remis en ligne, tel qu'en 2008, comme petit musée souvenir — arcencirque.frmi.ch.
De ces années me restent deux choses. Le théâtre m'a appris à lire ce que le corps dit quand les mots se taisent — une lecture qui, aujourd'hui, commence dès la salle d'attente. Et mes explorations de la relation et de l'émotion (thérapie Imago, Communication NonViolente…) m'ont appris à entendre le besoin derrière le reproche : c'est le pilier qui ne se mesure pas, l'intelligence émotionnelle.
De ces années de groupes me reste aussi le goût de transmettre — on ne comprend vraiment que ce qu'on est capable d'expliquer simplement.
Rien de tout cela ne s'apprend dans un livre de médecine. Tout cela sert, chaque jour, au cabinet.
De ces années de scène et de chapiteau, il reste des créations — des moments où un groupe, des corps et une idée deviennent un spectacle. En voici deux, parmi d'autres à retrouver sur ma chaîne.
En 2006, j'ai rencontré la médecine traditionnelle tibétaine — le Sowa Rigpa, la science de la guérison. Ce ne fut pas une conversion : ce fut une reconnaissance. Tout ce que la forêt, les arts du cirque et la scène m'avaient appris y trouvait soudain un langage, une théorie, une tradition médicale complète. Six années de formation plus tard, en 2012, j'ouvrais ma pratique.
Je me suis formé à l'Académie Internationale de Médecine Traditionnelle Tibétaine (AIMTT), auprès du Dr Nida Chenagtsang, jusqu'au diplôme et à ma thèse, consacrée à l'astrologie tibétaine. Au programme de la formation : théorie des humeurs et des éléments, diététique, thérapies externes (ventouses, moxibustion, bâton Yutchu, acupuncture), massage Ku Nye, yoga Nejang. Ce qui m'a saisi, c'est sa manière de tenir ensemble ce que notre époque sépare : le corps et l'esprit, la rigueur du diagnostic et la douceur du soin.
Depuis, cette médecine est la colonne vertébrale de ma pratique. Elle s'est enrichie de l'astrologie médicale tibétaine, approfondie plus de dix ans auprès de Lama Lobsang Darjy et de Kim Lai — jusqu'à mes propres logiciels de calcul — mais son cœur n'a pas changé : comprendre la personne entière, pas seulement son symptôme.
Sur quoi repose d'abord le diagnostic en médecine tibétaine ?
Un bon artisan ne se contente pas d'un seul outil. Autour de la médecine tibétaine, j'ai construit patiemment une formation occidentale et orientale complète — chaque discipline choisie parce qu'elle répondait à une question que les autres laissaient ouverte.
Cette diversité n'est pas une collection : c'est un orchestre. Chaque approche éclaire les autres, et le choix de l'outil se fait avec vous, selon votre situation — jamais par habitude.
« Médecin par les connaissances, incarné par l'expérience : je soigne avec ce que j'ai appris, et avec ce que j'ai vécu. »
Transmettre à un groupe d'élèves ne me suffisait plus : je voulais contribuer à structurer le champ lui-même. C'est ainsi qu'est née la FRMI, puis ArtemisIA.
La FRMI fédère et forme autour de la médecine intégrée en Suisse romande, avec son campus en ligne campus.frmi.ch — rendre accessible ce qui semble réservé aux initiés. ArtemisIA, dont je suis peut-être le plus fier, marie la médecine intégrée à l'intelligence artificielle : des assistants spécialisés, nourris de la tradition, qui aident le praticien à raisonner — croiser un bilan, explorer une materia medica, ne rien oublier d'un dossier.
Qu'on ne s'y trompe pas : l'IA ne remplacera jamais la main qui palpe ni l'oreille qui écoute. Elle amplifie la rigueur, elle ne se substitue pas à la présence — c'est ce que je raconte sur la page ArtemisIA — médecine & IA.
Quel rôle joue l'intelligence artificielle dans ArtemisIA ?
Aujourd'hui, tout ce chemin converge dans un lieu simple : mon cabinet au Centre de Thérapies, Rue du Rhône 11, à Sion — plus de quinze ans de pratique, des milliers d'heures de consultation. Et une fois par mois, je me déplace pour consulter à Genève, Lausanne et Morat — les dates sont visibles dans l'agenda en ligne.
J'y reçois des personnes de tous horizons : troubles fonctionnels qui durent, fatigues inexpliquées, douleurs qui résistent, ou simplement l'envie de comprendre son terrain. La séance type n'existe pas, mais la méthode, oui : écouter d'abord, mesurer ensuite, agir enfin avec l'outil le plus juste. Je suis agréé ASCA, RME et APTN — et je le redis : mon travail complète la médecine conventionnelle, il ne la remplace jamais.
Le clown a rangé son nez rouge, le bûcheron sa tronçonneuse — mais tous deux entrent avec moi dans le cabinet, chaque matin.
Parce que ce n'était pas un saut, mais un pas de plus sur le même chemin. La scène m'avait appris à écouter le corps de l'intérieur, l'enseignement m'avait appris à écouter les personnes ; la médecine tibétaine, rencontrée en 2006 et pratiquée en cabinet depuis 2012, m'a donné le langage et les outils pour en faire un métier de soin. Chaque étape a préparé la suivante.
Oui, profondément. Trente ans de travail du corps — forêt, acrobatie, scène — donnent aux mains une éducation qu'aucun cursus théorique ne remplace. L'expérience de la scène et de l'enseignement m'a appris à lire ce que les corps expriment sans mots, et mes explorations des approches de la relation et de l'émotion — thérapie relationnelle Imago, Communication NonViolente, entre autres — m'ont appris à entendre ce qui se cache derrière les mots. C'est ce qui me permet d'adapter chaque accompagnement à la personne, jamais l'inverse.
Artiste de cirque formé à l'École Dimitri (Verscio) — clown, art du conte, magie et acrobatie. Diplômé de l'Académie Internationale de Médecine Traditionnelle Tibétaine (AIMTT, Dr Nida Chenagtsang), avec thèse de diplôme. Naturopathe certifié OrTra MA en Médecine Traditionnelle Européenne. Expert en acupuncture antique chinoise. Formé à l'homéopathie diathésique (école du Dr Jean-Yves Henry) et à l'astrologie médicale tibétaine auprès de Lama Lobsang Darjy et Kim Lai. Agréé ASCA, RME et APTN.
Non, jamais. Ma pratique complète la médecine conventionnelle — elle ne s'y substitue pas. Je ne pose pas de diagnostic médical au sens légal, je ne modifie aucun traitement prescrit, et je vous encouragerai toujours à consulter votre médecin pour tout symptôme qui l'exige.
Le plus simple : réserver directement dans mon agenda en ligne, ou m'écrire via la page contact si vous hésitez sur l'approche. L'assistant en bas à droite de cette page peut aussi vous orienter. Et si vous préférez d'abord comprendre ma méthode, poursuivez le chemin : la prochaine étape vous emmène au cœur du soin manuel, le Ku Nye.