Voici ma grande passion : l'astrologie médicale tibétaine, le rTsis — littéralement « la science des calculs ». J'y ai consacré plus de dix ans de ma vie, jusqu'à développer mes propres logiciels de calcul. Non pour prédire l'avenir — ce n'est pas son rôle — mais pour lire ce que la tradition tibétaine lit depuis des siècles : une constitution de naissance, des cycles, des moments plus favorables que d'autres pour prendre soin de soi. Et parce qu'un seul ciel ne suffit pas à dire une vie entière, je lui associe un second regard : la lecture symbolique du thème occidental — le mythe fondateur que chacun porte, et que la vie demande d'accomplir.
Au Tibet, on ne sépare pas ce que nous avons pris l'habitude de séparer. La médecine (sman) et l'astrologie (rtsis) sont enseignées côte à côte, comme deux sœurs qui parlent la même langue — celle des éléments, des saisons et des cycles.
Le grand institut de Lhassa, refondé à Dharamsala, s'appelle d'ailleurs le Men-Tsee-Khang : littéralement, « la maison de la médecine et de l'astrologie ». Le praticien y apprend les deux, parce que les deux décrivent le même vivant : le corps est fait des mêmes éléments que le monde qui l'entoure, et il vit aux mêmes rythmes — les heures, les saisons, les âges de la vie.
Concrètement, l'astrologie rend trois services à la médecine tibétaine. Elle décrit la constitution de naissance — la « pâte » avec laquelle chacun arrive au monde, ses forces et ses fragilités de départ. Elle lit les cycles — les périodes où une personne est portée, et celles où elle a intérêt à s'économiser. Elle aide enfin au choix des jours de soin : on ne pose pas une moxibustion n'importe quand, on choisit un moment favorable — comme un jardinier choisit son jour pour semer.
Le cadre traditionnel de cette science est le tantra du Kalachakra — la « roue du temps », introduit au Tibet vers le XIe siècle. L'astrologie tibétaine en tire sa vision la plus essentielle : les cycles extérieurs — les astres, les saisons — et les cycles intérieurs — les souffles, le corps subtil — se répondent. Lire le ciel, c'est donc aussi apprendre à lire ce qui se passe en soi ; et c'est pourquoi, dans cette tradition, l'astrologie n'est pas un art de la prédiction mais un chemin de transformation intérieure. On retrouve là le cœur de la voie vajra — la « guérison de diamant » que je décris sur la page des Souffles de Vie : le même corps subtil, les mêmes souffles, regardés cette fois à travers la roue du temps.
C'est exactement l'esprit dans lequel je la pratique au cabinet : un éclairage qui vient s'ajouter au pouls, à l'entretien et au bilan de terrain BNS24 — jamais s'y substituer.
« Le corps m'a appris à regarder loin devant pour garder l'équilibre. L'astrologie tibétaine m'a appris la même chose : regarder le cycle entier pour comprendre le pas présent. »
Choisir le bon moment, comme le veut la tradition : chaque jour, l'élément et l'animal, les activités favorables ou à éviter, l'emplacement de la Force-Vie (bLa) pour la moxa — et les temps forts spirituels du mois lunaire. Un almanach vivant, mis à jour automatiquement.
Je ne vais pas vous donner ici un cours d'astrologie — il y faudrait des années, et c'est précisément ce que ces années m'ont appris : la profondeur de ce système. Mais voici, à grands traits, les pièces principales avec lesquelles on calcule.
Avec ces pièces, le rTsis calcule notamment les forces personnelles et leur évolution année après année : la vitalité, la santé du corps, le pouvoir personnel, la « chance » que la tradition appelle le cheval de vent. Rien de tout cela n'est une sentence : ce sont des reliefs sur une carte — et la carte n'a jamais fait le voyage, elle aide à le préparer.
Sur combien d'éléments repose l'astrologie tibétaine ?
« Le corps m'a appris à regarder loin devant pour garder l'équilibre. L'astrologie tibétaine m'a appris la même chose : regarder le cycle entier pour comprendre le pas présent. »
L'astrologie tibétaine est la discipline à laquelle j'ai consacré beaucoup d'heures, après le soin lui-même : des années à étudier, calculer, vérifier, recommencer — par goût patient de comprendre, plus que par ambition.
J'ai eu la chance d'être formé à l'astrologie médicale tibétaine auprès de Lama Lobsang Darjy et de Kim Lai. Ce que ces enseignements m'ont transmis dépasse la technique : une éthique de la lecture. On ne calcule pas un thème pour impressionner, ni pour enfermer quelqu'un dans un destin. On le calcule pour comprendre — et pour mieux accompagner.
Et puis il y a eu les logiciels. Les calculs du rTsis sont longs, minutieux, et le calendrier luni-solaire tibétain ne se convertit pas de tête : à la main, une lecture complète demande des heures, avec un vrai risque d'erreur. Alors j'ai développé mes propres logiciels de calcul : thème de naissance, horoscope médical, recherche des jours favorables, étude de compatibilité, entre autres.
La machine fait l'arithmétique, sans fatigue et sans faute ; l'humain garde ce qui lui appartient — l'interprétation, la nuance, la parole juste. Vous retrouverez cette même philosophie, poussée plus loin, dans ArtemisIA, où l'intelligence artificielle vient servir la médecine intégrée de la même manière : en calculant pour que le praticien puisse mieux écouter.
J'ai consacré un site entier à cette discipline : astrologietibetaine.org. Vous y trouverez de quoi explorer plus avant.
Ces outils calculent ; ils n'interprètent pas à ma place. Chaque lecture reste un travail humain, mené avec vous.
À côté du ciel tibétain, je travaille avec un second ciel : le thème occidental, lu de manière symbolique. Je m'appuie pour cela sur l'école du symboliste Luc Bigé, dont la démarche a profondément marqué ma façon d'accompagner.
Le point de départ de cette école tient en une distinction simple. La science répond admirablement au « comment » : comment fonctionne un organe, comment évolue un paramètre sanguin, comment agit un remède. Mais elle ne répond pas au « pourquoi » — au sens qu'une épreuve prend dans une existence. C'est le territoire des langages symboliques. Et cette dimension n'est pas un luxe : « l'être humain se nourrit de pain, mais il se nourrit aussi de sens ». Quand le sens manque, quelque chose en nous a faim — même si toutes les mesures sont bonnes.
Dans cette lecture, le thème de naissance n'est pas un pronostic : c'est un mythe fondateur personnel — le récit singulier que votre vie cherche à accomplir, avec ses appels, ses épreuves et ses promesses. On ne demande pas au thème « que va-t-il m'arriver ? », mais « qu'est-ce qui, en moi, demande à être vécu ? ». La différence est immense : la première question rend passif, la seconde met en chemin.
Cette école ose une hypothèse forte, que je manie avec toute la prudence requise : « une pathologie symbolique est le signe du non-accomplissement de son mythe fondateur ». Autrement dit, certaines souffrances peuvent se lire comme le signe visible d'un décalage entre ce que l'âme appelle et ce que l'on met réellement en œuvre. Ce n'est ni une explication médicale des maladies, ni une culpabilisation — c'est une invitation à se demander, en plus des soins, ce que la situation vient dire. La lecture est initiatique : elle regarde l'épreuve comme l'épreuve de l'initié, un passage qui transforme — jamais comme une punition, jamais comme une prédiction.
« L'être humain se nourrit de pain, mais il se nourrit aussi de sens. »
Concrètement, une lecture symbolique chez moi ressemble à un dialogue : nous parcourons les grandes figures de votre thème comme on relit les chapitres d'un récit — non pour vous dire qui vous êtes, mais pour vous aider à reconnaître ce que vous savez déjà obscurément. On en ressort rarement avec des certitudes, souvent avec une question plus juste — et c'est beaucoup.
Les deux ciels ne se concurrencent pas : le rTsis décrit la constitution et les rythmes, la lecture symbolique interroge le sens et la direction. Selon votre demande, nous mobilisons l'un, l'autre, ou les deux.
Dans la lecture symbolique, quelle question pose-t-on au thème de naissance ?
Au cabinet, l'astrologie n'est jamais un point de départ ni un point d'arrivée : c'est une lumière latérale. À partir de votre date — et si possible votre heure — de naissance, je calcule votre thème avec mes logiciels et le pose à côté des autres lectures : le pouls et l'examen tibétains, l'entretien, le bilan sanguin BNS24. Quand plusieurs lectures indépendantes racontent la même chose, on avance avec plus d'assurance. Quand elles divergent, c'est la mesure qui l'emporte — toujours.
Le point de départ, dans mon approche, c'est vous : je vous invite à formuler une à trois grandes questions du moment — ce qui vous occupe, ce qui hésite, ce qui cherche une direction. Ce sont elles la véritable porte d'entrée ; le ciel, ensuite, ne fait qu'éclairer ce que vous portez déjà.
Trois usages reviennent le plus souvent :
Certaines personnes viennent spécifiquement pour une lecture de leur thème — tibétaine, symbolique occidentale, ou les deux croisées. Dans ce cas, voici comment cela se passe chez moi : vous m'indiquez à l'avance votre date, votre lieu et si possible votre heure de naissance. Je prépare le calcul avant la séance — c'est le travail de la machine. Puis nous prenons le temps, ensemble, de parcourir le résultat : votre constitution, vos forces personnelles, les cycles en cours — et, si nous ouvrons le ciel symbolique, les grandes figures de votre mythe fondateur — avec ce que cela suggère, jamais ce que cela imposerait, pour prendre soin de vous.
Vous repartez avec des repères concrets et utilisables : des périodes à noter, des orientations de soin, des questions à approfondir. Et une règle que je répète à chaque lecture, parce qu'elle protège tout le reste : aucune décision de santé ne se prend sur la seule base d'un thème astrologique. Ni chez moi, ni ailleurs.
Une précision : je ne « fais pas les horoscopes » au sens des magazines. Une lecture chez moi ressemble à un entretien, pas à une séance de révélations — et vous avez le droit de tout questionner. Un outil de compréhension, pas une autorité.
« Le thème est une carte du relief. Il ne dit pas où vous devez aller — il montre où la pente monte, où elle descend, et où il fait bon poser le camp. »
Dans la tradition tibétaine, on ne tire pas un thème par curiosité : on le consulte aux seuils de l'existence — la naissance d'un enfant, le passage d'une année, l'annonce d'une maladie, le choix d'un jour, l'union de deux êtres, le grand départ. Autant de calculs (rtsis) codifiés par le Béryl blanc (Vaidūrya dkar po), le grand traité d'astrologie du régent Sangyé Gyatso. Voici les principaux — et, pour chacun, l'application que j'ai développée pour les rendre accessibles.
Kye-tsi. À la naissance d'un enfant, pour l'accompagner : sa constitution, ses forces, son tempérament, l'élément de son année. Le premier repère qu'on puisse lui offrir.
Obtenir l’application →Skag-rtsis. Chaque année de vie traverse des obstacles connus de la tradition ; les repérer, c'est pouvoir les prévenir et poser les gestes justes au bon moment.
Obtenir l’application →Nad-rtsis. À l'annonce d'une maladie : la force de l'atteinte, le pronostic tel que la tradition le lit, les jours favorables au soin. Un éclairage — jamais un diagnostic.
Obtenir l’application →Dü-tsi. Élire le bon moment : un soin, un voyage, un événement — et jusqu'au jour propice pour se couper les cheveux. L'art d'accorder ses actes au rythme des jours.
Obtenir l’application →Bag-rtsis. Avant l'union : la rencontre de deux natures, leurs forces et leurs frictions, lue à travers les cinq éléments et les animaux du cycle.
Obtenir l’application →Gshin-rtsis. Au moment du grand départ : accompagner le défunt et les proches selon les présages et les directions de la tradition, dans le respect du deuil.
Obtenir l’application →Sa-bdag. Avant de bâtir ou de travailler la terre : les « maîtres du sol » et les temps propices — un savoir écologique bien avant l'heure.
Obtenir l’application →
Ces calculs ne sont pas des recettes : ils viennent d'un enseignement longtemps réservé à quelques initiés. Tout mon travail — à travers le site astrologietibetaine.org — consiste à le transmettre sans le trahir : une formation complète et des outils de calcul en ligne, pour celles et ceux qui souhaitent apprendre cet art et le pratiquer avec justesse. Les applications ci-dessus sont la porte d'entrée : disponibles sur Android via une contribution unique — après paiement, vous êtes redirigé vers l'application choisie, prête à installer.
Se former à l'astrologie tibétaineVous préférez que je m'en charge ? Chacun de ces thèmes — naissance, 47 obstacles de l'année, compatibilité, horoscope médical, jour favorable, questionnement — peut faire l'objet d'une analyse personnelle : je l'établis selon le Béryl blanc, puis nous la lisons ensemble, avec les conseils et remèdes traditionnels qui en découlent.
Consultation de 90 minutes, en Zoom ou en présentiel — Sion, Épalinges (Lausanne), Morat ou Genève (Vessy). Vous choisissez le lieu, la date et l'heure directement dans l'agenda ; confirmation immédiate par e-mail.
Réserver dans l'agenda →Les huit lectures proposées — ce qu'elles éclairent, ce qu'il faut fournir pour chacune — sont présentées sur la page dédiée, avec un formulaire qui prépare la consultation et vous conduit au même agenda.
Découvrir les analyses personnelles →Ma passion pour cette discipline est entière — et c'est justement pour cela que je tiens à en tracer les limites sans ambiguïté. On ne protège bien que ce qu'on encadre bien.
Un thème de naissance « difficile » signifie-t-il qu'une maladie arrivera ?
« En cinquante lectures, je n'ai jamais vu un thème dire la vérité toute seule. C'est la rencontre entre la carte et la personne qui parle — et la personne a toujours le dernier mot. »
C'est utile, mais pas indispensable. Une grande partie des calculs tibétains repose sur l'année et le jour de naissance ; l'heure, quand elle est connue, affine le portrait. Sans elle, la lecture reste possible et pertinente — je vous dirai simplement ce qui est solide et ce qui l'est moins.
Ce sont deux systèmes distincts, aux histoires et aux méthodes différentes. L'astrologie tibétaine travaille sur un calendrier luni-solaire et sur la grammaire des cinq éléments, des douze animaux, des neuf mewa et des huit parkha ; son lien à la médecine est constitutif — c'est elle qui décrit la constitution, les cycles et les jours de soin. La lecture symbolique occidentale, telle que l'école de Luc Bigé l'a développée, interroge le sens : le thème comme mythe fondateur personnel. En pratique, votre demande décide : « comment prendre soin de moi et quand ? » penche vers le ciel tibétain ; « qu'est-ce que cette épreuve vient dire ? » ouvre le ciel symbolique. Et rien n'empêche de croiser les deux.
Non. Je ne vous demande aucune adhésion — seulement de la curiosité. Si la lecture vous apporte des repères utiles, tant mieux ; si elle ne vous parle pas, elle n'enlève rien au reste de l'accompagnement. L'astrologie est une porte d'entrée parmi d'autres, jamais un passage obligé.
Non — et je suis catégorique sur ce point. Les décisions médicales, y compris leurs dates, se prennent avec votre médecin, selon des critères médicaux. Jamais je ne vous suggérerai de différer un traitement ou un examen pour des raisons astrologiques. Le choix des jours favorables concerne les soins de bien-être du cabinet — un raffinement traditionnel, rien de plus.
Deux regards, deux échelles d'une même personne. L'astrologie lit le macrocosme — le grand ciel, les cycles, la constitution de départ. Le BNS24 lit le microcosme — votre biologie du moment, en 24 paramètres sanguins. L'un éclaire, l'autre mesure. Et quand les deux divergent, ma règle ne souffre aucune exception : la mesure l'emporte. Observer avant d'agir.
Oui, c'est l'une des lectures traditionnelles du rTsis, et l'un de mes logiciels lui est dédié : les affinités entre deux personnes — couple, famille, collaboration — à travers leurs éléments, leurs animaux et leurs forces respectives. Une lecture de compatibilité éclaire une relation ; elle ne la juge pas et ne décide de rien à votre place.
L'astrologie médicale tibétaine s'adresse à celles et ceux qui veulent mieux se connaître à travers le regard d'une grande tradition : comprendre leur constitution, leurs rythmes, les moments où prendre particulièrement soin d'eux.
Elle parle aussi aux personnes déjà suivies au cabinet, qui souhaitent ajouter cet éclairage à leur accompagnement — en complément du Ku Nye, des thérapies externes tibétaines ou du travail de terrain en médecine intégrée. La lecture symbolique, elle, s'adresse particulièrement à celles et ceux qui traversent une épreuve ou un passage de vie, et qui sentent que la question du sens fait partie de leur chemin. Et les deux ciels intéressent enfin les esprits curieux, simplement désireux de découvrir des sciences des cycles vieilles de plusieurs siècles, présentées sans mystification et sans promesse.
Ce que vous en ferez vous appartient. Mon rôle est de calculer juste, de traduire honnêtement, et de toujours remettre la carte entre vos mains.