C'est le principe fondateur de ma pratique, et la phrase qui revient le plus souvent dans mon cabinet : on ne devine pas un terrain, on le mesure. Voici pourquoi j'ai fait de ce bilan sanguin fonctionnel la colonne vertébrale de tout ce que je propose — et pourquoi la re-mesure, à mes yeux, est une question d'honnêteté.
Les médecines complémentaires parlent sans cesse de « terrain » : ce fond constitutionnel sur lequel les troubles apparaissent, reviennent, s'installent. Le mot est juste. Mais tant qu'on ne le mesure pas, le terrain reste une intuition — et l'intuition, seule, est une mauvaise conseillère quand il s'agit de votre santé.
J'ai passé une partie de ma vie à travailler avec le corps et son équilibre, au sens le plus concret, à l'École Dimitri, puis à l'enseigner à mon tour. Un corps en équilibre ne se fie jamais à l'impression qu'un appui « a l'air » sûr : il le teste, il le vérifie, il pose son poids par étapes. C'est exactement ce que je refuse de faire au jugé dans le soin. Deviner un terrain, c'est projeter mes propres hypothèses sur votre corps — et un corps ne se laisse pas deviner impunément.
Le risque, quand on ne mesure pas, n'est pas seulement de se tromper. C'est de bricoler : empiler des compléments « au cas où », multiplier les pistes, changer de cap au gré des symptômes du jour. Beaucoup de personnes arrivent chez moi épuisées par ce parcours-là, une armoire pleine de flacons entamés et pas de fil conducteur. La mesure, elle, tranche : elle dit par où commencer, ce qui presse, ce qui peut attendre.
« Sur le fil comme au laboratoire, la même règle : on vérifie d'abord, on avance ensuite. »
Cette exigence, je ne l'ai pas inventée. Je l'ai apprise à l'école du Dr Jean-Yves Henry, médecin qui a structuré la médecine intégrée francophone (FRMI/FFMI) et dont j'ai suivi l'enseignement en homéopathie diathésique et en biologie fonctionnelle.
Ce qui m'a convaincu, chez lui, ce n'est pas une promesse : c'est une méthode. Avant de proposer quoi que ce soit — homéopathie, plantes, ajustement nutritionnel — on établit une base objective, chiffrée, reproductible. Le BNS24, ce bilan de vingt-quatre paramètres sanguins fonctionnels lus à partir des protéines sériques, est l'outil de cette base. Il ne remplace pas le jugement clinique ; il l'ancre dans du réel vérifiable.
C'est cette méthode que j'applique à Sion depuis des années, et que je continue de faire vivre comme fondateur de la FRMI. Je tiens à le dire clairement : le BNS24 lit un terrain fonctionnel — la manière dont votre organisme s'adapte, compense, se défend. Il ne diagnostique pas de maladie. Le diagnostic, le dépistage et le traitement des maladies restent, toujours, l'affaire de votre médecin.
Les axes que le bilan éclaire sont peu nombreux et parlants : la tendance à l'acidose tissulaire, la gestion des minéraux, le foie et les fonctions d'élimination, l'immunité et l'inflammation de bas bruit. Ce n'est pas un chiffre isolé qui parle, mais leur configuration d'ensemble — comme un visage se lit dans ses proportions, pas dans un trait unique.
Le BNS24, à quoi sert-il exactement ?
La démarche suit toujours les mêmes étapes — c'est cette régularité qui la rend fiable. Rien de spectaculaire : de la rigueur, du temps, et un langage clair.
Tout commence par un prélèvement veineux ordinaire, comme n'importe quelle prise de sang. L'échantillon part au laboratoire, qui établit les vingt-quatre paramètres fonctionnels des protéines sériques. De mon côté, je prépare la lecture : je croise les résultats entre eux, avec votre histoire, et — si vous me les apportez — avec vos analyses médicales récentes.
C'est le cœur de la démarche, et le moment que mes patients préfèrent. Nous parcourons vos résultats axe par axe, sans jargon asséné : je vous explique ce que chaque tendance signifie, ce qui est solide chez vous, ce qui demande du soutien, et pourquoi. Mon ancienne vie d'enseignant m'a laissé une conviction — on n'a vraiment compris que ce qu'on saurait réexpliquer. Vous repartez en sachant décrire votre propre terrain.
Sur cette base objective, je compose un protocole qui vous ressemble : ajustements nutritionnels et micronutritionnels, soutien du terrain par l'homéopathie diathésique et la phytothérapie, et, quand c'est pertinent, des soins au cabinet. Je commence par deux ou trois axes prioritaires, jamais par tout à la fois : un terrain se rééquilibre par étapes.
Après la période de protocole, on mesure à nouveau. C'est la signature de la méthode : les progrès ne se déclarent pas, ils s'objectivent. La comparaison des deux bilans montre, noir sur blanc, ce qui a bougé — et guide la suite : alléger, ajuster, ou conclure.
Il serait facile, dans mon métier, de s'arrêter à la première étape : établir un protocole, encaisser la confiance, et laisser le patient juger seul, à l'impression, si « ça va mieux ». Je m'y refuse. Une impression de mieux-être est précieuse, mais elle est fragile : elle dépend de la météo, du sommeil de la veille, de l'espoir qu'on a mis dans le traitement. Elle ne suffit pas à décider de la suite.
La re-mesure, elle, ne ment pas à ma place ni à la vôtre. Quand une tendance s'améliore d'une mesure à l'autre, nous le voyons ensemble, noir sur blanc, et cela consolide la confiance sur des faits plutôt que sur du charisme. Et quand une courbe ne bouge pas — cela arrive — nous changeons d'approche, honnêtement, sans nous entêter. C'est cela que j'appelle l'honnêteté thérapeutique : accepter d'avance que la mesure puisse me contredire, et m'y plier.
C'est aussi une question de respect très concret. Votre temps, votre argent et votre confiance méritent mieux qu'un protocole posé au jugé et jamais vérifié. L'objectif que je poursuis n'est pas de vous garder, mais de vous rendre autonome : un accompagnement qui se prouve, puis qui s'efface. Un corps en équilibre ne se maintient pas sur ses appuis pour la beauté du geste — il traverse, et il redescend.
Après un protocole de terrain, à quoi sert de re-mesurer ?
Un mot de prudence, pour finir : le BNS24 ne remplace ni une consultation médicale, ni un traitement en cours, ni un bilan prescrit par votre médecin. Des symptômes aigus, nouveaux ou inquiétants se montrent d'abord à un médecin ; le travail de terrain vient après, jamais à la place. Si l'entretien ou le bilan font apparaître quelque chose qui dépasse mon champ, je vous oriente. Cela fait partie du métier.
Non, jamais. Le bilan médical cherche et surveille des maladies ; le BNS24 lit un terrain fonctionnel. Ce sont deux questions distinctes et complémentaires. Je vous encourage à maintenir votre suivi médical, et je suis même heureux que vous m'apportiez vos analyses récentes : elles enrichissent la lecture du terrain.
Elle s'étale sur la durée d'un protocole de terrain, qui demande du temps et votre participation : ce n'est pas une solution instantanée. Le délai avant la re-mesure est fixé ensemble lors de la lecture commentée, selon les axes travaillés. Ce qui ne change pas, c'est le principe : tout protocole de fond se conclut par une re-mesure.
Alors on le voit, noir sur blanc, et on en tire les conséquences : on change d'approche plutôt que de s'entêter. C'est exactement le rôle de la re-mesure — m'obliger à l'honnêteté, y compris quand elle me contredit. Un accompagnement doit se prouver, pas seulement se raconter.
Ce que disent vos protéines sériques — pourquoi des protéines du sang racontent le foie, l'immunité, l'inflammation et les réserves.
L'acidose tissulaire, socle silencieux — ce fond discret qui accompagne tant de fatigues et de raideurs, et comment le bilan l'objective.
Les cinq diathèses : votre terrain a une histoire — la lecture diathésique de l'école du Dr Jean-Yves Henry, qui prolonge le bilan.